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FFMC 32

🏍️ Motardes et motards du Gers, ensemble 🤝💙

Accidents dans le Gers : contrôles renforcés, mais la gravité ne baisse pas

Accidents dans le Gers : contrôles renforcés, mais la gravité ne baisse pasAccidents dans le Gers : contrôles renforcés, mais la gravité ne baisse pas

Entretien réalisé par Jean-Luc Debray, secrétaire de la Fédération Française des Motards en Colère du Gers (FFMC32), avec Thierry Lailavoix, coordinateur FFMC32, à la sortie de la présentation du bilan du Plan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR) à la préfecture du Gers, autour d’un café bien mérité.

Jean-Luc Debray (FFMC32) : Thierry, quel constat ressort de ce bilan pour le Gers ?
Thierry Lailavoix : Un constat contrasté : on observe un léger recul de l’accidentalité, mais la gravité reste élevée. Et dans un département rural comme le nôtre, une grande partie des drames se joue hors agglomération : vitesses plus élevées, sorties de route, obstacles proches.

Jean-Luc : Et au niveau national, c’est la même tendance ?
Thierry : Oui. Le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) estime 3 260 personnes tuées en France métropolitaine en 2025, et environ 244 000 blessés (toutes gravités).
Surtout, l’ONISR rappelle que les routes hors agglomération concentrent 61 % des décès. C’est un point commun fort avec notre réalité gersoise.

Jean-Luc : La FFMC est “motards”, mais on ne veut pas parler que de nous. Comment tu poses le sujet ?
Thierry : En parlant d’abord de ceux qui n’ont pas de carrosserie. L’ONISR indique que la part des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, trottinettes électriques, deux-roues motorisés) atteint 46 % des décès.
Et côté motards, on ne peut pas l’ignorer : l’ONISR estime 691 décès d’usagers de deux-roues motorisés en 2025 en France métropolitaine. Donc oui, la FFMC porte la voix des motards, mais l’enjeu est le même : quand on est “exposé”, la moindre erreur ou le moindre défaut de route coûte beaucoup plus cher.

Jean-Luc : Le nouveau préfet a demandé une intensification des contrôles. Ça se voit ?
Thierry : Oui. Les données présentées montrent une hausse des contrôles et des infractions relevées : sur novembre 2025, on passe de 16 à 28 infractions liées à l’alcool, et de 17 à 33 liées aux stupéfiants (comparaison avec novembre 2024).

Jean-Luc : Et pourtant, on a l’impression que les résultats restent proches d’une année sur l’autre…
Thierry : C’est exactement ça : le contrôle est indispensable, mais le modèle uniquement répressif ne fait pas tout. Sur les 12 derniers mois glissants présentés, on passe de 146 à 141 accidents corporels (-3 %), mais les tués augmentent de 16 à 18, et les blessés baissent de 185 à 162.
Donc on agit, mais il faut compléter : prévention, remise à niveau, et infrastructures.

Jean-Luc : Justement, quel est le “continuum” FFMC32 ?
Thierry : On a un continuum pédagogique déployé dans le cadre du PDASR :

  • Éducation routière de la jeunesse (ERJ) : intervenir tôt, dans les établissements, avant que les habitudes dangereuses s’installent.

  • Journées 125 cm³ : pour mieux former et accompagner celles et ceux qui roulent en petite cylindrée, très présente dans les trajets du quotidien.

  • Journées de perfectionnement : et là, on vise notamment les motards qui reprennent la moto après quelques années d’arrêt. On voit des gens pleins de bonne volonté, mais qui n’ont pas “recalé” les réflexes (freinage, regard, trajectoires, anticipation).

Jean-Luc : Dans les conduites à risques, tu veux qu’on parle aussi du protoxyde d’azote ?
Thierry : Oui, parce que c’est en train de se banaliser. Les données de santé publique montrent une hausse très nette : les signalements sont passés de 254 en 2020 à 472 en 2021, et les cas graves ont fortement augmenté (de 82 à 265). Plus récemment, on observe encore une hausse des signalements (avec un bond d’environ +30 % sur une année).
Et chez les jeunes, c’est un vrai sujet : des enquêtes en milieu scolaire montrent une expérimentation autour de 5 à 6 % chez les collégiens et lycéens.
Et je le dis comme on le vit : lors de nos interventions ERJ, quand on parle du protoxyde d’azote, on voit des jeunes sourire. C’est perçu comme “pas grave”. Sauf que ça dégrade les réflexes et la perception, et ce n’est pas compatible avec un retour en scooter, voiture… ou même à vélo et en trottinette.

Jean-Luc : Tu parlais d’infrastructures : qu’est-ce qu’on met derrière, côté FFMC32 ?
Thierry : On interpelle en continu les décideurs pour reprendre en main l’état des routes : revêtements dégradés, gravillons, marquages glissants, visibilité, bords de route trop punitifs… Et on agit aussi avec nos opérations “nids-de-poule” : on repère, on tague pour rendre le danger visible, et on signale aux gestionnaires les défauts qui mettent des vies en jeu. C’est crucial pour les motards, mais ça protège tout le monde.

Jean-Luc : Le mot de la fin : qu’est-ce qu’on peut faire, concrètement, en 2026 ?
Thierry : Déjà, venir nombreux sur nos moments conviviaux : c’est là que la solidarité et la bienveillance motarde prennent tout leur sens… et c’est aussi là qu’on progresse ensemble. En 2026, notez deux rendez-vous importants : la journée de perfectionnement le samedi 11 avril, et la journée 125 cm³ le 13 juin.

JOURNEE PERFECTIONNEMENT 2026 - FFMC32

Et j’ajoute un point essentiel : on a besoin de vous aussi côté prévention. En 2025, on a déjà sensibilisé plus de 700 élèves via l’ERJ. Pour multiplier les interventions dans les écoles, il faut faire agréer de nouveaux intervenants, mais les formations sont très coûteuses et notre antenne n’a pas les moyens de ses ambitions. Un don, même modeste, nous aide directement à former, équiper et déployer davantage d’actions sur le terrain. Ensemble, on peut faire reculer les drames — pour les motards, et pour tous les usagers.

SOUTENIR LES ACTIONS DANS LES ECOLES

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